C'est ce que nous avons fait de manière anonyme auprès de 500 commerciaux de 12 entreprises dans des secteurs très variés : automobile, opérateur télécom, banque, régie publicitaire, matériel informatique, prestations intellectuelles.
Parmi les commerciaux que nous avons interrogés, ce sont 56 % d'entre eux qui se déclarent motivés et très motivés, belle performance au crédit des managers commerciaux. Il est certain que ceux-ci ont compris depuis longtemps que les commerciaux fonctionnent mieux "à la carotte ou à l'affectif qu'au bâton". Ce taux élevé est d'autant plus encourageant que les commerciaux se déclarent par ailleurs convaincus que leur niveau de motivation explique leur niveau de performance. En effet, lorsqu'on leur demande ce qui contribue le plus à l'atteinte de leurs objectifs, 59 % des commerciaux interrogés citent leur niveau de motivation en premier, viennent ensuite leur niveau de compétence comportementale, et enfin, très loin derrière ces deux critères, leur organisation de travail.
Les commerciaux voient-ils pour autant toute la vie en rose ?
Non bien sûr. Ils expriment même de solides insatisfactions.Leur rémunération tout d'abord, cela est classique. Dans toutes les enquêtes de satisfaction, le salaire constitue traditionnellement la première source d'insatisfaction. Il est par contre intéressant de noter que dans le 1er quartile des plus motivés, la note attribuée à la satisfaction vis-à-vis de la rémunération est significativement plus élevée. Débat sans fin auquel on convoque souvent la poule et l'œuf...

Se satisfait-on de sa rémunération parce que l'on est motivé ou est-on motivé par ce que l'on estime avoir un bon niveau de rémunération?
En ce qui nous concerne, nous sommes tentés d'en finir avec le vieux discours qui consiste à affirmer que la rémunération n'est pas un levier de motivation mais un risque de démotivation. En effet lorsqu'on croise les déclarations des commerciaux sur leur motivation et les données objectives concernant leur rémunération variable, force est de constater que le niveau de motivation varie fortement en fonction de l'impact de l'engagement et des résultats dans la rémunération.
C'est parmi ceux dont la part variable représente de 25 à 50 % de la rémunération totale que l'on trouve la part la plus grande de motivés et très motivés :67 % contre 56 % au global.Une fois analysé le point particulier de la rémunération, il est intéressant de noter que les commerciaux sont à peine plus satisfaits sur trois dimensions clés de la motivation : le niveau de prise en compte de leurs opinions, leurs perspectives d'évolution et les encouragements qui leur sont adressés.

C'est bien la reconnaissance sous toutes ses formes qui est en cause.
Certains items sont du ressort direct du management de premier niveau, d'autres soulignent le manque de prise en compte dans les organisations de l'évolution dans les métiers commerciaux.
Seuls 29 % des commerciaux sont satisfaits et motivés par leurs perspectives d'évolution ; ce taux baisse encore pour les plus diplômés.
Ce chiffre pose la question du recrutement, de la politique R.H. vis-à-vis des commerciaux dans un contexte d'écrasement des pyramides hiérarchiques qui limite la visibilité alors que la nécessité est croissante de mettre en face des clients des interlocuteurs de bon niveau. Il est d'ailleurs frappant que si l'ancienneté dans l'entreprise n'impacte pas le niveau de motivation déclaré, en revanche l'impact de l'ancienneté dans le poste est net. Quant aux points des encouragements et de la prise en compte des opinions, ils parlent d'eux mêmes, et résultent certainement moins d'une volonté de la part des managers que d'une "négligence" au quotidien.
En conclusion, les commerciaux demandent à leurs managers de continuer à progresser dans la qualité de leur management au quotidien mais ils leur demandent surtout de clarifier de vraies perspectives d'évolution et de rémunération.
Cette étude démontre donc que les entreprises, si elles veulent pouvoir compter sur leur force de vente ne peuvent pas oublier d'ouvrir de vrais chantiers RH sur l'évolution des métiers commerciaux.